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Trucs et Astuces

Etre introvertie et modérer une table ronde

By 31/12/2018janvier 11th, 2019No Comments
Modérer une table ronde

Modérer une table ronde… en suis-je capable et suis-je légitime ? Comment tenir ce rôle et être à la hauteur du public, des organisateurs et des intervenants ? Autant de questions que je me suis lontemps posées.

Il y a une première à tout. Modérer une table ronde européenne, j’avais longtemps repoussé cette première là… Par peur de l’échec sans doute et parce qu’il n’est pas dans ma nature d’entrer dans la lumière.

Il m’en aura fallu du temps pour comprendre la différence entre modératrice et maitre de cérémonie et enfin me lancer ! C’était lors de la conférence EMoCS organisée par la Fédération Européenne du Sport Entreprise le 27 septembre 2018. Pour en savoir plus sur cet évènement, voir mon article à ce sujet. Et quitte à me lancer, autant y aller à fond. Aussi ce n’est pas une mais bien deux tables rondes européennes que j’ai eu l’honneur et le plaisir de modérer !

De cette expérience, je retiens ou plutôt j’ai eu la confirmation qu’être modératrice ce n’est pas prendre la lumière mais la redistribuer pour faire briller les intervenants. Comme un bon journaliste va tirer le meilleur de son interviewé, la modératrice a pour mission de faire avancer un sujet en s’appuyant et en rebondissant sur l’expertise et les anecdotes des intervenants. En ce sens, c’est un rôle non seulement qui convient à l’introvertie que je suis mais dans lequel l’on peut prendre du plaisir et se sentir utile !

Voici donc un petit retour d’expérience afin de vous aider à modérer une table ronde. Rédigés sous forme d’un plan de bataille, ces  conseils sont en quelques sortes les règles d’or de la modération que je me fixe désormais.

L’ENTRAINEMENT (1 mois à 15 jours avant l’évènement)

  • Préparer le sujet.
  • En apprendre le plus possible sur les intervenants.
  • Construire ou co-construire avec les organisateurs le déroulé de la table ronde.
  • Prendre contact avec les intervenants, les rassurer, communiquer les éléments logistiques.

L’ECHAUFFEMENT (le jour J, H-1)

  • Connaitre le terrain (visualiser la salle, observer les points de lumière).
  • S’assurer que le matériel est dispo et opérationnel (bouteilles d’eau, micros, casque de traduction, etc).
  • Rencontrer et faire se rencontrer les intervenants.
  • Respirer.

LE MATCH

  • Eclairer le public sur le sujet du jour et les enjeux de l’évènement ainsi que les modalités d’interaction.
  • S’assurer que chaque intervenant ait un temps de parole sensiblement égal.
  • Observer les réactions du public.
  • Garder le contrôle du temps et avoir en tête les éléments clés de conclusion.
  • Remercier le public et les traducteurs éventuels.

LE DECRASSAGE (1 à 2 jours après l’évènement)

  • Prendre le temps de remercier les intervenants et les organisateurs.
  • Ecrire quelques lignes pour se souvenir des points clés de l’évènement et capitaliser sur ce savoir nouvellement acquis et sur le savoir-faire développé. Parce qu’en fin de compte, la valeur de toute expérience n’est pas l’expérience en elle-même mais ce que l’on en fait.

En dehors de ces indicateurs et temps de passage, que puis-je partager de plus autour de cette expérience ?

LE CONSEIL :

Il y aura forcément un moment de panique à gérer… Je ne parle pas de celui de la prise de décision et du fameux « Oui » au défi bien entendu. Personnellement ce moment là, difficile à gérer, s’est produit au moment de la préparation finale de la première table ronde. Avant que les intervenants n’arrivent pour le brief, lorsque je me suis retrouvée seule dans la salle (l’équivalent de la chambre d’appel pour les athlètes sans doute, sans le jeu psychologique d’opposition avec les autres compétiteurs). Je suis redevenue ma pire ennemie et ai laissé le doute me prendre quelques instants. La clé pour retrouver un minimum de sérénité… LA RESPIRATION. Je ne suis pas experte en la matière. Toutefois, le simple fait de se concentrer sur ma respiration de procéder à l’exercice de l’inspiration en 7 temps, suspension en 2 temps, expiration sur 8 temps (5 répétitions) m’a aidée à revenir à un état plus serein. C’est basique et cela force à se reconnecter à la réalité du moment et à son corps, autrement dit, c’est une bonne façon de mettre en pause le cerveau reptilien qui voudrait nous faire prendre la fuite.

LA LECON :

Remonter rapidement en selle et sur scène ! Evidemment ce fut loin d’être facile que de modérer deux tables rondes en une seule journée. Mais en y réfléchissant, c’est sans doute ce qui pouvait m’arriver de mieux car je n’ai pas eu le temps de cogiter après la première. Autrement dit, je n’ai pas laissé l’occasion à mon esprit critique et perfectionniste de me paralyser. J’ai avancé. J’en suis fière.

CE QUE JE FERAI DIFFEREMENT :

Prendre encore plus de temps en amont pour échanger avec les organisateurs et idéalement être partie prenante du déroulé des débats. De mon point de vue, il est intéressant et stimulant d’être, en tant que modératrice, au coeur de la préparation. En particulier, je sais le plaisir de créer les différentes versions des notes de cadrage (en fonction de son propre vécu, des objectifs des organisateurs et du parcours des intervenants).

Autre point, crucial lorsqu’il s’agit d’évènement bilingue : s’assurer que tous soient équipés pour suivre les échanges. Exemple, lors de la première table ronde, conduite en anglais, avec traduction simultanée pour le public, une question du public a été posée en français. Spontanément l’intervenant français y a répondu dans sa langue maternelle. Petit couac… les organisateurs et moi même n’avions pas pensé à disposer sur scène les dispositifs de traduction. Evidemment, nous nous sommes adapatés et j’ai traduit le sens général du propos à nos intervenantes allemande et autrichienne mais la fluidité du débat aurait été plus agréable si nous avions anticipé la situation.

LE BONUS :

Comme évoqué en début d’article, modérer une table ronde, représente quelque chose d’extrêmement gratifiant pour l’introvertie que je suis en faisant briller les autres et en contribuant à faire avancer les débats. J’irai plus loin en disant que c’est un exercice qui pourrait convenir à beaucoup d’introverti(e)s. Pourquoi ? Parce que modérer une table ronde, cela requiert les qualités suivantes :

  • Une grande capacité d’écoute : élément clé pour rebondir sur les propos comme les silences des intervenants.
  • Aller au fond des choses : ce qui nous permet de bien préparer un sujet et d’être en mesure de creuser une idée auprès d’un intervenant.
  • Ne pas parler pour ne rien dire : autrement dit, choisir ses mots et être constructif.
  • Etre attentif : pouvoir capter l’atmosphère sur scène et dans la salle.
J’ai oublié quelque chose ? Si tu es passé(e) par ce genre d’expériences, n’hésite pas à partager d’autres astuces ou retours en commentaires ?  » Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin « .

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